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21 mai 2019

Troubles musculosquelettiques

Causes et remèdes
En constante augmentation, les troubles musculosquelettiques (TMS) sont devenus la première cause de maladie professionnelle en France. Des affections qui peuvent toucher l'ensemble des articulations lorsque le corps est trop sollicité, toutes professions confondues. Voici quelques pistes pour comprendre les TMS et les prévenir.

Augmentation constante des TMS

Syndrome du canal carpien (douleur au poignet), mal de dos, tendinite de l'épaule, douleurs aux cervicales... Ces pathologies diverses qui caractérisent les TMS ont un point commun : elles résultent d'une inadéquation entre les capacités du corps et les contraintes auxquelles il est exposé. En cause, des journées de travail plus conséquentes, des postures inadéquates ou tout simplement un stress accru qui se manifeste par des douleurs physiques.

Aujourd'hui, les TMS représentent plus de 80 % des maladies professionnelles déclarées. Elles sont en forte augmentation, de 15 à 20 % chaque année depuis 20 ans : une conséquence directe de l'intensification du travail. Ce véritable enjeu de santé publique témoigne en effet d'une pénibilité accrue dans presque toutes les professions, quelle que soit la taille de l'entreprise. « Je reçois beaucoup de manutentionnaires, d'ouvriers sur les chaînes ou dans le bâtiment. Mais ceux qui travaillent dans les bureaux ne sont pas épargnés : ils souffrent de douleurs au poignet chroniques lorsqu'ils utilisent trop la souris. C’est principalement la répétition des tâches qui entraîne des TMS », explique Laure Bret, médecin généraliste à Poissy (78). Certains métiers sont en première ligne, comme ceux liés au nettoyage et à l'aide à la personne, notamment dans les hôpitaux.

Du traitement à la prévention

Le traitement des patients atteints de TMS se fait à plusieurs niveaux : une fois la douleur soulagée, l'implication des acteurs de l'entreprise est indispensable pour remédier aux troubles. « Dans un premier temps, je prescris des anti-inflammatoires, je fais des arrêts de travail, j'oriente mes patients vers des kinés. Mais cela ne suffit pas : j'envoie aussi régulièrement des courriers à la médecine du travail pour qu'elle intervienne dans l'entreprise. Je demande par exemple de modifier l'ergonomie des fauteuils, d'augmenter les rotations de poste pour limiter les mouvements répétitifs ou encore de changer les postures de travail lorsque c'est possible », souligne le Dr Bret.

L'acquisition de machines ou de mobilier anti-TMS est de plus en plus privilégiée par les chefs d'entreprise du tertiaire : fauteuils avec support dorsal et repose-pieds, support d'écran pour avoir les yeux à la bonne hauteur, tapis de souris avec repose-poignet...

Pour les métiers où les salariés sont confrontés à la manutention répétée d'objets lourds, il faut essayer de faire chaque geste dans la position la moins contraignante, pour les muscles sollicités ne pas forcer lorsqu'on fait un mouvement ou encore réduire le plus possible la répétition des gestes. L'assistance de bras articulés type exosquelette représente également une solution d'avenir pour la prévention des maladies professionnelles. Cette machine prend la forme d'un gros sac à dos sur lequel sont attachés deux bras mécaniques sur ressorts qui aident à supporter des charges lourdes. A la clé, moins de pénibilité et d'accidents de travail. Côté prévention, la pratique d'une activité physique régulière est vivement recommandée pour entretenir musculation et souplesse articulaire. « Je conseille à mes patients de s'échauffer avant de commencer à travailler comme s'ils allaient faire un footing et de bien s'étirer après. On n'y pense pas forcément mais l'hydratation est aussi très importante pour prévenir les tendinites », indique Laure Bret.

Des gestes simples qui gagneraient à être rappelés dans le cadre de campagnes de prévention. L'entreprise a autant à y gagner que les salariés : les absences et les incapacités fonctionnelles dues aux TMS entraînant inévitablement une perte de productivité.

Rencontre avec Hind Sliman, Kinésithérapeute à Paris

De quoi se plaignent les patients souffrant de troubles musculosquelettiques ?

Les patients me racontent souvent qu'ils ont commencé à ressentir une petite douleur dans la zone lombaire qu'ils ont soignée avec un doliprane, jusqu‘au moment où ils n'ont plus réussi à se lever du lit ou à saisir un objet par terre...

Notre corps est une chaine musculaire, si la zone lombaire souffre, cela se répercute forcément dans d'autres zones. Aujourd'hui, 70% de ma patientèle est concernée par les troubles musculosquelettiques. C'est le mal du siècle !

Comment expliquer cette recrudescence des TMS ? 

Les TMS se sont accentuées ces 15 dernières années en raison de notre mode de vie et notamment du manque d’activité physique. Nous sommes sans arrêt dans le stress et la rapidité, nous pratiquons moins de sport, nous prenons l’ascenseur au lieu des escaliers…

Notre façon de travailler joue beaucoup aussi : nous sommes tout le temps assis devant l’ordinateur (cadres, assistants…) ou bien nous piétinons debout pendant des heures (vendeurs, coiffeurs…), ce qui déforme la colonne vertébrale dans les deux cas. 

De quelle façon soignez-vous vos patients ? 

A court terme, j'essaie de calmer la douleur par des massages pour soulager les muscles, et des étirements actifs. Ensuite, j'interroge mes patients pour corriger les habitudes de la vie quotidienne : dans quelle position lisent-ils dans le lit ? Comment sont-ils assis quand ils mangent?...

Il faut avant tout se tenir avec le dos bien droit. Au travail, je leur rappelle de ne jamais rester trop longtemps assis dans la même position et toutes les deux heures, de s'étirer et marcher.

Enfin, je conseille le port de semelles orthopédiques faites sur mesure par un podologue : elles corrigent l'appui du pied ce qui permet de soulager le bassin, en particulier pour les personnes qui travaillent debout comme les vendeurs.